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Organes réglants · NIHS & ISO 3159

L’échappement suisse & le balancier-spiral

Le savoir d’établi pour comprendre le cœur battant de la montre, du dégagement au contrôle chronométrique.

Angle de levée50°–52°
Tirage12°–15°
Lubrification9415
Repère< 0,6 ms
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⭐ Master Lab d’ÉtabliStyle Ciechanow.ski pas-à-pas

Simulateur Cinématique des 5 Phases de l’Échappement Suisse

Manipulez l’alternance pas-à-pas (Repos, Dégagement, Impulsion 9415, Chute et Arc libre) avec le Master Lab.

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01
Norme NIHS 91-10

Anatomie & terminologie micrométrique

L’échappement à ancre suisse fait le lien entre le rouage, qui pousse sous le couple du barillet, et le balancier-spiral, qui compte le temps. Il entretient les oscillations et libère le rouage dent par dent.

A

1. Roue d’ancre (15 dents à talon club)

Dents au profil spécialisé : talon, face de repos, plan d’impulsion et pointe. Elle avance pas à pas sous l’action du barillet.

B

2. L’ancre & ses levées en rubis

Corps en acier portant deux levées en corindon synthétique : la levée d’entrée et la levée de sortie. Se termine par la fourchette, ses deux cornes et le dard.

C

3. Le double plateau & sa cheville

Chassé sur l’axe de balancier. Le grand plateau porte la cheville (rubis ellipse). Le petit plateau porte l’encoche de sécurité pour le passage du dard.

D

4. Les touches de limitation

Elles limitent la course angulaire de l’ancre (environ 9° à 10° au total). Fixes, ou excentriques et ajustables selon les calibres.

02
Cinématique fondamentale

Le cycle en trois temps

À chaque alternance, quand la cheville passe près de la ligne des centres, la même séquence se répète en quelques millisecondes. C’est l’essence même du battement horloger.

I

Phase 1 · Le dégagement

1° à 2°

Le balancier revient de son arc libre. La cheville entre dans l’entaille de la fourchette et pousse l’ancre pour sortir la dent du plan de repos. Le balancier fournit ici un peu d’énergie pour vaincre le tirage.

II

Phase 2 · L’impulsion

8° à 10°

Libérée, la roue d’ancre avance sous le couple du ressort moteur. La dent glisse sur le plan d’impulsion de la levée : l’ancre transmet ce travail à la cheville, et l’énergie est restituée au balancier.

III

Phase 3 · La chute & le repos

1.5° à 2.5°

La dent quitte la levée, la roue avance librement de la valeur de la chute, puis la dent suivante tombe sur le plan de repos de l’autre levée. L’ancre est plaquée contre sa touche : le balancier part pour son arc supplémentaire.

03
Sécurité & verrouillage

Tirage, dard & cornes

Pourquoi l’ancre ne se décroche-t-elle pas au moindre mouvement du poignet ? Grâce au tirage et au double système de sécurité dard / cornes.

I

1. L’angle de tirage (12° à 15°)

Le plan de repos de la levée est incliné de 12° à 15°. Sous la poussée de la dent, la levée est attirée vers le centre de la roue : l’ancre reste plaquée contre sa touche pendant tout l’arc supplémentaire.

II

2. La garde au dard (0.02 à 0.04 mm)

En cas de choc pendant l’arc supplémentaire, le dard touche le petit plateau et empêche l’ancre de basculer de l’autre côté (renversement). Le tirage la ramène aussitôt contre sa touche.

III

3. La garde aux cornes

Quand l’encoche du petit plateau passe devant le dard, la sécurité est relayée par les cornes de la fourchette face à la cheville. Aucun frottement ni blocage n’est permis.

04
Isochronisme & régulation

Balancier-spiral & réglage

Le balancier-spiral est le résonateur de la montre. Sa période suit la formule T = 2π · √(I / C), où I est le moment d’inertie du balancier et C le couple de rappel du spiral.

I

1. Balancier Glucydur

Alliage cuivre-béryllium, amagnétique et peu sensible à la température. Il doit être parfaitement équilibré pour éviter les écarts entre positions verticales.

II

2. Spiral, virole & piton

L’extrémité intérieure du spiral est fixée à la virole, chassée sur l’axe. L’extrémité extérieure est tenue par le piton, fixé au coq.

III

3. La raquette & ses goupilles

La raquette modifie la longueur active du spiral et donc la marche (s/j). Règle d’or : le spiral doit respirer entre les goupilles, ni pincé ni trop flottant.

IV

4. Courbe terminale Breguet

La dernière spire est relevée au-dessus du plan du spiral. Le spiral se développe de façon concentrique, ce qui améliore l’isochronisme et réduit les écarts de position.

05
Lubrification

Moebius 9415 · dosage micrométrique

La lubrification de l’échappement est un vrai test de dextérité. Trop, trop peu ou au mauvais endroit, et l’amplitude comme le repère se dégradent.

I

Pourquoi la Moebius 9415 ?

Les levées reçoivent des chocs répétés à haute fréquence. La 9415 est une graisse thixotrope : ferme au repos, elle ne s’étale pas, puis se fluidifie sous le choc pour lubrifier.

II

Protocole d’application

Avec un pique-huile très fin, déposer une micro-goutte sur le plan d’impulsion de la levée de sortie. Faire avancer la roue d’ancre de quelques dents, puis répéter jusqu’à 3 fois. Contrôler à la loupe que chaque dent porte un film fin et régulier.

!

Les 2 fautes à ne jamais faire

  • Pivots d’ancre : laissés secs. Un film d’huile freinerait l’ancre et ferait chuter l’amplitude.
  • Plan de repos : aucune bavure. Le lubrifiant y collerait la levée au dégagement et perturberait le repère.
06
Acoustique & métrologie

Lire le tic-tac

Chaque tic ou tac n’est pas un son unique, mais une suite de trois micro-chocs captés par le microphone de l’appareil de contrôle.

T1

T1 · Dégagement

La cheville heurte la fourchette et déverrouille l’ancre.

T2

T2 · Impulsion

La dent de la roue d’ancre attaque le plan d’impulsion de la levée.

T3

T3 · Chute & butée

La dent suivante tombe sur le plan de repos opposé et l’ancre vient contre sa touche.

Σ

Comment l’appareil calcule l’amplitude

Il mesure le temps entre T1 et T3. Avec l’angle de levée du calibre (par exemple 52°), il en déduit la vitesse du balancier au passage et donc son amplitude. Un angle de levée mal saisi fausse l’amplitude affichée.

07
Évaluation

Contrôle chronométrique

Pour juger un réglage, on contrôle la montre dans plusieurs positions. Les positions horizontales testent le frottement en bout de pivot, les verticales le frottement sur le corps du pivot et l’équilibre du balancier.

I

Les 5 positions

CH (cadran haut), CB (cadran bas), puis les positions verticales 6H, 9H et 3H. Un écart important entre horizontales et verticales trahit un défaut d’équilibre ou de pivotement.

!

Fautes graves au contrôle d’établi

  • Pivots d’ancre huilés.
  • Rebotement non corrigé.
  • Spiral qui touche le balancier, le coq ou les goupilles.
  • Graisse sur le plan de repos ou sur le dard.
  • Repère supérieur à 0.6 ms.
Lecture des positions

Contrôle sur cinq positions

Comparaison visuelle des positions utilisées dans ce dossier.

CH
Cadran haut

Position horizontale · observation du comportement du pivotement.

290°–315°
CB
Cadran bas

Deuxième référence horizontale pour comparaison.

Δ < 5 s/j
6H
Verticale bas

Observation de la chute d’amplitude en position verticale.

250°–275°
9H
Verticale gauche

Comparaison de l’effet de la gravité sur l’organe réglant.

Contrôle
3H
Verticale droite

Comparaison avec 9H et 6H pour lire les écarts de position.

Contrôle
Pratique à l’établi

Trois bancs interactifs

Observer la cinématique, lire un vibrographe et travailler le dosage de la 9415.

Simulateur cinématique

Banc d’essai de l’échappement suisse

La roue avance d’une demi-dent à chaque alternance, uniquement pendant l’impulsion. L’animation ralentit automatiquement au passage de la cheville.

Vitesse d’animation :
Angle balancier :-92.3°
Position ancre :-4.5°
Phase :Arc supplémentaire (balancier libre)
Faites du pas à pas autour de 0° : vous verrez l’ancre basculer d’une touche à l’autre pendant que la roue avance d’un cran.